HISTOIRE

1908 à 1924

Démarrage des travaux de la création de l'aérodrome Port-Aviation par la Société d'Encouragement à l'Aviation SEA fondée le 30 juillet 1908. C'est la Compagnie d'Aviation qui est en charge de sa gestion.

1908 construction tribune

Bénédiction de l'aérodrome de Port-Aviation par Monseigneur Amette sous une pluie battante.

Inauguration de Port-Aviation par le ministre des transports Léon Barthou. Ce champ de vol d' est composé de 3 pistes en circuit de 1 000, 1 500, 1 645 m de périmètre puis à l’automne une 4ème de 2 000 m. On y trouve des hangars, des ateliers de réparations, des tribunes, des restaurants, des bars, des maisons de garde et le téléphone. Suite au mauvais temps, ce n'est qu'en début de soirée que seul l'aviateur Delagrange décolle sur son Voisin. 30 000 spectateurs sont présents.

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Mort du premier aviateur sur le terrain, Eugène Lefèbvre sur Wright lors d'un vol d'essai. Après un passage à 10 mètres, l'avion a piqué du nez.

Après de nombreux exploits, meetings, fêtes aériennes, se tient la Grande Quinzaine de Paris.

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Suite aux inondations de la Seine à Port-Aviation, le terrain est déclaré inutilisable le 21 janvier.

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C'est le 2 mars que l'aviateur Gaudart vole de nouveau à Port-Aviation, au dessus du lac formé par les inondations.

Alfred Auger effectue le premier atterrissage de nuit en France, à Port-Aviation en provenance de Buc.

Suite à des problèmes financiers, de recouvrement d'impôts, le terrain est vendu à l'entrepreneur M. Picketty, exploitant de gravières de Juvisy. Son sous-sol n'étant pas exploitable, le projet est d'y construire un lotissement.

L'escadrille du Royal Flying Corps britannique s'installe à Port-Aviation.

L'armée réquisitionne le terrain pour y installer la nouvelle école de pilotage militaire sur Caudron.

Un habitant de Villeneuve-le-Roi dit avoir vu un avion à cocarde tricolore, perdu dans le brouillard, faire un atterrissage forcé devant le café du Fer à Cheval, auprès de la ligne de chemin de fer Massy Palaiseau.

Premier hangar Bessonneau du camp d'aviation militaire construit sur 11 hectares sur le plateau de Longboyau réquisitionné par l'armée près de la ferme de Contin.

Les américains s'installent sur le camp.

L'escadrille Lafayette (103rd Air Pursuit Squadron), composée de volontaires américains, s'y installent aussi.

Les américains n'ayant pas assez d'avions, ils devaient s'en procurer auprès des gouvernements alliés. Il a alors été décidé d'établir un terrain d'accueil où ces appareils seraient réceptionnés, inspectés, testés, armés, soumis à des essais en vol.

Le terrain, composé de 3 champs, est aménagé par le 56th Aero Squadron arrivé dès octobre 1917 (re-baptisé 468th Aero Sqn le 01/02/18) autour de la ferme de la Vielle-Poste au nord de la ferme de Contin le long de la route de Fontainebleau, la route de Villeneuve à la Vieille Poste et la route de Paray à Orly.

La 6ème compagnie du 2ème régiment de mécaniciens de l'aviation, sous le commandement du capitaine Harold H. Ambler, arrive depuis Tours, à bord de vingt cinq camions et prend ses quartiers sur le terrain d'aviation. A cette époque, il n'y avait que deux baraquements à peine terminés et encore loin d'être habitables. Cette nuit-là, les hommes de la 6ème compagnie dormirent dans les camions.

C'est le début du camp de Villeneuve-Orly.

Un témoin raconte :
"les cultivateurs ont toujours dit : les Américains sont arrivés avant la moisson. Les blés étaient prêts à être fauchés, et ils sont entrés dans les blés. Cela a écœuré les cultivateurs, d'avoir vu leurs récoltes massacrées. Ils ne leur ont pas laissé le temps de la rentrer. Ils ont dit : Bon, on vous indemnise, et ils sont entrés : c'étaient des terrains, voilà tout. Ils ont décidé que cette surface là, ils la prenait pour faire un camp. Le premier camp partait de la route d'Orly et allait jusqu'à Villeneuve le Roi. Après, ça s'est beaucoup agrandi, à la fin de la guerre, en 1918. A côté il y avait des Belges, ils apprenaient à monter en avion. En 1918, c'était absolument militaire. Il n'y avait rien. Les avions roulaient sur l'herbe. Il n'y avait aucun hangar. Les Américains avaient apporté leurs baraquements, leurs tentes."

Charles Grey, un journaliste américain raconte dans la revue Icare:

"Je fus donc affecté à une équipe de pilotes dont la mission était d'essayer les nouveaux avions achetés aux constructeurs français :Voisin, Breguet, Salmson, Nieuport, dont le dernier modèle de chasseur destiné à équiper les premières escadrilles américaines. Après quelques semaines au Bourget, nous reçûmes l'ordre de ne pas atterrir sur notre terrain, mais de nous diriger sur une prairie près d'un village nommé Orly, où les techniciens de l'armée de Terre commençaient la construction d'une nouvelle base.~." [extrait de "Aéroports de Paris, une aventure humaine"]

Raid aérien vers 02h30 du matin d'avions allemands. Les américains se dépéchèrent alors d'achever les 2 baraquements et débutèrent la construction d'un 3ème.

31 Sopwith 1 A.2 (biplace d'observation) commencent à arriver depuis l'aéroport du Bourget pour être livrés aux américains.

Arrivée du 468th Aero Squadron et du 660th Aero Squadron.

Le Sopwith Camel 1F1 F1346 est accidenté.

Le Sopwith Camel 1F1 F1316 est accidenté lors de sa livraison

La 22nd Aero Squadron arrive à Orly avec 176 hommes.

Arrivée du 28th bomb squadron avec leur Spad XIII (et Spad VII?).

Le colonel T.A. Baldwin (de l'Air Service américaine) prend le commandement relevant le capitaine Ambler. 
Les trois champs avaient été transformés en un immense terrain d'aviation comptant 78 hangars, des dizaines de bâtiments annexes, des kilomètres de route revêtues de mâchefer, et les installations techniques d'approvisionnement en électricité, en eau, en téléphone.

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Départ de la 22nd Aero Squadron (pour Toul) et du 28th Bomb squadron (pour Vaucouleurs).

Le Caproni Ca.5 MM11587 s'écrase. Pas de blessé.

Arrivée du 154th Weather Reconnaissance (154th Aero Squadron) depuis Saint-Maixent.

Le Sopwith Camel F1497 s'écrase près d'Orly.

Le jour de l'armistice, 323 officiers et 2 283 hommes américains sont présents sur le terrain.

Départ du 154th Weather Reconnaissance (154th Aero Squadron) pour Nantes.

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Suite à de nouvelles inondations, des habitants de Choisy-Le-Roi sont hébergés au camp d'Orly.

1919 - 10 janvier - Inondation.jpg

L'escadrille 227 (service géographique) équipée de 10 Breguet XIV arrive du Bourget et s'installe sur le terrain.

Fête d'aviation franco-américaine en présence de Mme Wilson. 50 as américains (arrivés le 11 et devant repartir le 13) et français y participent.

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Arrivée du 464th Aero Squadron

Départ des troupes américaines.

Nouvelle bataille d'expropriation pour agrandir le terrain au Sud (150 hectares supplémentaires).

Ouverture de l'aérodrome civil d'Orly. La partie sud de l'aérodrome reste une base militaire, notamment pour l'Aéronavale. D'après l'atlas de la DGAC, le terrain fut "…chargé, au sein du ministère de la Guerre, du stockage du matériel aérien de guerre, le service des entrepôts généraux de l’aviation s’installa à Orly au lendemain des hostilités mais ne maintint que brièvement la destination strictement militaire du terrain".

L'aérodrome est officiellement appelé l'aéroport de Villeneuve-Orly.

1920 - 02 septembre- creation villeneuve

Début de la construction de 2 hangars à dirigeables par Freyssinet.

Ouverture de l'école Nungesser.

Construction du bâtiment de commandement à 2 étages.

A port-Aviation, les lotissements augmentent et la seule trace aéronautique restante est l'hôtel (encore debout dans les années 2010 à Viry-Châtillon).

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Ouverture du centre d'entrainement des pilotes mobilisables créé par Paul-Louis Richard (60 inscrits à l'ouverture, 800 inscrits en octobre 1921, 953 en juillet 1923).

Dans la publication mensuelle 'Bulletin de la navigation aérienne', nous trouvons trace de l'aérodrome Villeneuve-Orly.

Carte de l'IGN montrant la position des futurs hangars à dirigeable en bas, la construction des 3 grands hangars métalliques et des bâtiments techniques autour de l'aérodrome. En haut à droite, l'école Nungesser et à côté les 4 hangars du premier emplacement du centre d'entrainement P.L. Richard.

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Le pilote Maurice Senet se tue en réalisant des acrobaties aériennes.

Albert Eichelbrenner, chef pilote à l'école Nungesser, se tue en essayant un appareil Nieuport.

Manifestation pour célébrer le millième pilote inscrit au centre d'entrainement d'Orly.

L'élève-pilote André Vigneron se tue.

Pischoff  se tue en étant éjecté de son avionette durant un trajet Villacoublay-Orly.

L'aviateur Mauvier, au cours d'un vol d'essai, tombe suite à une perte de vitesse. Il est sérieusement blessé.

L'aviateur Baudet, appartenant au centre des pilotes civils, s'entraîne au camp d'aviation d'Orly. A une certaine hauteur, le moteur s'est arrêté et l'appareil s'est abattu sur le sol. L'aviateur a été tué sur le coup.

Les 2 hangars à dirigeables sont terminés. Ce sont les plus grands du monde.

COUPE ZENITH

Le but est de couvrir le vol sans escale Orly - Lyon Bron (385 km) et avec la plus faible consommation. 6 participants partiront et 4 seront à l'arrivée. Le 20: Pesé, plombage, préparation des avions, départ le 21 pour Lyon-Bron et retour à Orly le 22. C'est Lucien Bossoutrot qui remporte la coupe et le prix de 45 000 francs.

Le dirigeable Dixmude arrive à Orly pour l'aéronavale française.

Le Dixmude (un Zeppelin en réalité) mesurait 226 mètres de long, pour une hauteur de 28 mètres et un diamètre de 24. Son volume était de 68.500 m3 en seize ballonnets. Sa propulsion était assurée par sept moteurs de 260 cv, ce qui lui assurait une vitesse de croisière de 77 km/h.

Le dirigeable Dixmude est pris dans un orage et disparaît entre la Sicile et la Tunisie. Le dirigeable Méditerranée est mis en réserve et ne vole plus. Les 2 hangars sont alors inutilisés avant finalement d'abriter des avions.

L'aviateur Albert Fresne capote à l'atterrissage avec son Caudron G.3. Il est blessé.

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Le pilote Comte Henri se crashe suite à une panne moteur. Il est blessé.

Record féminin du nombre de looping réalisé par Adrienne Bolland avec 212 looping en 73 minutes.

 

Adrienne Bolland (1895-1975) est surtout connue pour avoir réalisé l’exploit de  traverser la Cordillère des Andes le 1er avril 1921 à bord d’un Caudron GIII. Mais en 1922 de retour en France, profitant de sa notoriété, elle effectue de nombreux meetings aériens durant lesquels elle exhiba ses capacités techniques. La veille du meeting de Vincennes de juin 1924, dans un but de publicité, elle tenta de battre de le record mondial des looping détenu par Alfred Fronval qui était de 1111. Dans ce but, elle décolla d’Orly dans l’un des deux Caudron C.27 (F-AGAP ou F-AGAQ photo ci-dessus) enregistrés à son nom depuis le 27 février 1924 et réalisa 212 loopings en 73 minutes. Elle ne put aller plus loin pour des raisons techniques mais elle obtint tout de même le record du monde féminin invaincu à ce jour.

Voici le témoignage d’Adrienne Bolland paru dans la revue Icare n°51 : Les meetings d’avant guerre.

"A mon retour d’Amérique du Sud – c’était en 1922 -, je me retrouvai sur le sable. Il fallait bien faire quelque chose pour vivre et je ne savais que piloter. C’est ainsi que j’ai commencé à faire professionnellement des meetings, avec mes amis Robin et (ndlr : Maurice) Finat. Avant le premier meeting de Vincennes (je crois que c’était en 1924), Finat m’avait demandé d’essayer de battre le record mondial des loopings, la veille… pour la publicité.Le record féminin lui suffirait, mais je ne voulais pas me sentir inférieure aux hommes et je voulais battre le record détenu par (ndlr : Alfred) Fronval, avec 1 111 loopings. En décollant à Orly, j’étais absolument décidée à en faire 1 112… au moins.On me faisait des signes au sol pour m’aider à les compter: une bande blanche par série de cinq, une bande en travers par série de cent, etc. Tout s’est très bien passé d’abord. C’était assez fatigant mais je tenais bien le coup. L’avion, beaucoup moins..,II avait des haubans, bien entendu, maintenus par des fusées aux points de croisement. Ces fusées se sont envolées les unes après les autres, et très vite la voilure s’est mise à battre au gré du vent. J’ai été obligée de m’arrêter à 212 loopings en 73 minutes. J’étais affreusement déçue, mais c’était tout de même le record du monde féminin (je l’ai encore, par parenthèse). Finat était très content: sa publicité était faite… " [extrait tiré du site passionpourlaviation.fr]

COUPE ZENITH

Départ de la 2ème Coupe Zénith entre Orly et Lyon Bron. 9 engagés, 7 partis et 2 seulement arrivés à Lyon à cause du mauvais temps au départ d'Orly. Elle est remportée par les pilotes Jules Patin et René Caudron sur C-27 F-ESAG.

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La Division d'entraînement aérien de Villacoublay est transférée à Orly (une section d’entraînement rattachée à l’annexe de l’Ecole militaire).

CONCOURS D'AVIATION DE TOURISME

1ère organisation par l'Aéro-Club de France (230 000 francs de récompense). Les avions sont présentés le 06 et le départ d'Orly est donné le 07 pour 11 jours avec 18 étapes, 2120 km. Le concours est remporté par Labouchère - Favreau sur Potez VII (sur 17 participants) à leur retour le mercredi 17 septembre.

Le pilote Pierre Colomiers se tue durant un entrainement.

Le pilote Jean Canivet se tue.

FÊTE AÉRIENNE DE L’AÉRONAUTIQUE CLUB DE FRANCE

L'avion piloté par Thadée Ostrowski heurte un hangar avec ses roues et s'écrase. L'avion prend feu, le pilote est blessé.